Laulima

LAULIMA, le mot Hawaïen pour "many helping hands" "plusieurs mains". J'ai eu l'incroyable chance de participer à la réalisation d'une maison traditionnelle Hawaïenne sur l'île de Kauai. Les Hawaïens m'ont généreusement partagé les techniques de construction adaptés à leur climat. Ils m'ont par-dessus tout offert leurs perles de sagesse, les fondements et les valeurs de leur culture. Le projet Laulima a pour but de faire renaitre le savoir des anciens, de montrer au monde entier la richesse du peuple natif, et surtout, de resserrer les liens de la communauté.

Le Rituel

Au petit matin, après le chant du conchshell dans la vallée, tous se rassemblent derrière les anciens pour le rituel. Les initiés vivent le moment intensément, les apprentis imitent.

L'ainé du groupe prend la parole alors que tous se tiennent debout dans un esprit de contemplation. Il chante avec son coeur, projette puissamment sa voix de la vallée vers l'immensité de l'océan. Il a les yeux au ciel, sa performance est celle d'un guerrier. Je ne peux comprendre ce qu'il dit, mais il est évident qu'il est en communion avec les forces de la nature à travers cette incantation chamanique typique des peuples autochtones.

Océan, volcans, soleil, arc-en-ciels, ouragans, nul besoin de vous préciser que les éléments sont bien présents au centre du pacifique. La culture hawaïenne enseigne que les pensées ont une influence sur les éléments, sur le climat. C'est une autre démonstration du potentiel de l'humanité.

Les voix s'unissent pour un chant qui honore le savoir des ancêtres, suivit d'un chant pour protéger les participants des blessures. Ensuite une danse rythmée symbolise les étapes de construction. Elle enseigne une discipline. Tous les gestes de cette danse sont répétés 3 fois, ce qui a pour effet d'entrainer tout le monde dans un état de concentration supérieur. C'est une méditation active. Ce rituel entier est répété à tout les matins pour être chaque jour alerte, conscient.

Tout ce qui est tracas, discorde, petites frustration personnelles disparait quand on fait le rituel pour ne pas affecter la construction. La maison est l'image de la communauté, elle doit être à sa plus haute expression. Le travail c'est la rencontre avec la collectivité.

Le chantier

Le Kumu (professeur), orchestre le chantier. Il est souvent au sommet de la structure, en plein centre. De cet endroit il s'assure que tout le monde, Hawaïens & bénévoles, exécutent selon la tradition. Accompagné d'initiés et d'une équipe d'apprentis, il transmet le savoir des anciens. Les assemblages, et les tressages doivent être réalisés avec précision. Un brin de philosophie accompagne chaque petit geste; les différents tressages portent des noms d'animaux mythiques, les nombres dans les cordages ont leur symbolique, ici est le rôle de la femme ou de l'homme... Les mots de la langue Hawaïenne prennent plusieurs sens et offrent toujours une occasion de transmettre un enseignement. Un chantier est une école, la tradition orale y fleurit. C'est une expérience très riche à laquelle même les Keiki (enfants) participent, ils préparent les feuilles de palmier pour la toiture.

L'expérience d'une construction naturelle est une expérience universelle.

La technique artisanale demande souvent de rassembler une équipe généralement composée de gens de différents âges, qui viennent de plusieurs horizons. C'est le mélange de ces couleurs, qui fait la beauté du groupe, où chacun trouve sa place. Même si les techniques artisanales sont millénaires et que les matériaux naturels ont toujours existé, le concept de construction naturelle est complètement nouveau. Ce concept renait alors que les plus inspirés d'entre nous cherchent des alternatives aux systèmes conventionnels. Nous avons besoin de LAULIMA, plusieurs mains.

Merci à l'île de Kauai, aux Hawaïens et à Limahuli garden and preserve.

ALOHA

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Artduchanvre

Sherbrooke, Québec, Canada